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Une maison pleine d'énergie


Cap au sud. Pas de doute, l'orientation idéale d'une maison est au sud, c'est là que la façade profite le plus du soleil. Mais attention aux risques de surchauffe, car dans ce cas il faudra penser aux treilles et aux plantes grimpantes.

Vivons compact. Plus une maison sera compacte, moins elle perdra de chaleur. Et à l'intérieur, la disposition des pièces est primordiale. Il faut privilégier au sud les espaces occupés en permanence, à l'est la cuisine et les chambres, enfin, au nord, l'entrée et les dépendances.

Energies naturelles. Les récupérateurs d'énergies naturelles entrent de plus en plus dans les maisons. Le puits canadien ou provençal, qui procure une climatisation naturelle, le mur accumulateur de chaleur, la serre ou la véranda, ou encore la végétalisation des murs et des clôtures (qui atténue les variations de température, protège du bruit, améliore la qualité de l'air, protège les murs des intempéries, etc.) Mais surtout, le plus important reste d'avoir une démarche globale et de trouver des synergies entre les différentes possibilités. Un exemple astucieux : le puits canadien, associé à un poêle à bois et à un mur à forte inertie, peut être une solution très intéressante.

Le bon vieux poêle à bois se réinvite avec succès

Le poêle à bois retrouve de belles vertus. Un come-back dans les maisons avec de nouveaux designs, des économies et une douce chaleur. Le bois est aujourd'hui l'énergie la plus écologique. Une source renouvelable très peu polluante qui favorise la gestion des forêts et le maintien des paysages ruraux. C'est aussi la solution la moins chère pour se chauffer. Le chauffage au bois, avec un prix du stère compris en 40 et 60 € reste environ trois fois moins cher qu'un chauffage classique au fuel. Un argument qui ne laisse pas insensible les consommateurs. Des modèles utilisent aussi des granulés très énergétiques qui reviennent entre 200 à 300 € la tonne.

Trois principaux types d'appareils de chauffage au bois existent : la cheminée à foyer fermé avec insert, le poêle à bois et la chaudière à bois raccordée à un système de chauffage central.
Mais le poêle reste une des solutions les plus simples. Il faut juste un conduit d'évacuation.

Des systèmes plus sophistiqués permettent aussi de diffuser la chaleur dans l'ensemble des pièces. Une solution qui, là encore, séduit ceux qui construisent une maison ou la rénovent entièrement.

La France découvre la maison « basse consommation »

Si la maison « économe en énergie » fleurit chez nos voisins européens, son démarrage reste timide en France. Au-delà du geste écologique, chacun y voit aussi une question de budget : Les prix de l'énergie s'envolent. Nul ne sait quel sera son coût dans dix ou quinze ans. Alors autant devenir le plus autonome possible.

Mais si l'autonomie se lit sur la durée, avec des factures allégées, ce type de maison a un coût de départ estimé de 8 à 10 % supérieur à une maison neuve standard.


Jean-Christophe Visier, le spécialiste du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), pense que le label Effinergie « basse consommation » doit devenir la norme.

Vous avez participé à la définition du label Effinergie. De quoi s'agit-il ?

Pour avoir ce label officiel, un bâtiment ne doit pas dépasser une consommation d'énergie de 50 kilowattheures par mètre carré et par an, soit deux fois moins que ce qu'impose la réglementation actuelle. On ne parle que de la consommation du chauffage, de l'eau chaude, de la ventilation et de l'éclairage. Le premier label a été attribué le 11 octobre à une maison située en Eure-et-Loir, construite par Geoxia (Phenix).

Est-ce que ces bâtiments basse consommation seront plus cher ?

Pour les premières constructions, ça peut coûter 15% de plus parce que les entreprises vont devoir apprendre. ça prendra plus de temps, certains mettront ceintures et bretelles. Avec l'expérience, le coût baisse très rapidement. En Suisse, le surcoût est de 3 à 5% pour les maisons Minergie. Les économies d'énergie réalisées ensuite permettent d'amortir très vite un tel surcoût. Et les maisons qui ont ce label se revendent à des prix plus élevés.


Les ingrédients indispensables à la maison basse consommation

Elle possède un tronc commun auquel on ne peut déroger si l'on veut arriver au 15 kWh/m2/an. C'est-à-dire :
- une construction sans ponts thermiques permettant une parfaite étanchéité à l'air ;
- une isolation extérieure de l'enveloppe du bâtiment jusqu'à 35 cm pour garantir l'étanchéité ;
- des fenêtres à triple vitrage avec châssis renforcé ;
- une orientation du bâtiment au sud de façon à capter l'énergie solaire par des baies vitrées ;
- des appareils ménagers peu gourmands en énergie ;
- un chauffe-eau solaire ;
- le chauffage est fourni par une ventilation double flux contrôlé (VMC) avec récupérateur de chaleur d'un rendement supérieur ou égal à 75 %. Par le biais d'un échangeur thermique, l'air froid qui entre dans les pièces est réchauffé par l'air chaud qui en sort. Selon les régions, le pays, les conditions d'ensoleillement, un complément de chauffage utilisant les énergies renouvelables peut être envisagé, apportant plus de confort dans les périodes de grand froid.

L'ossature bois est recommandée pour la maison car elle permet une bonne isolation avec de la laine de roche, de la ouate de cellulose... Le bardage extérieur peut être en lattes ou planches de bois, en textile, plaques de verre... On peut envisager aussi un puits canadien. Le surcoût existe pour ce type de construction et dépend aussi des matériaux employés.

Sources :
Ouest-France
D. Botte - J.J. Rebours - S. Poirot - S. Nohra
Ademe

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